Permis de construire : cachez ce panneau que je ne saurais voir...
Que ce soit au niveau national ou même local, c'est bien connu : la période des élections, c’est la saison bénie des petits arrangements de dernière minute. On y voir fleurir des embauches in extremis, des promotions éclairs... et parfois même des permis de construire qui tombent plus vite que les feuilles en automne.
Dernier épisode en date : une missive anonyme, adressée à certains candidats, au sujet d’un permis de construire situé 9 avenue Edith CAVELL.
Intrigués, nous avons donc, comme à notre habitude, investigué en commençant par consulter évidemment ce fameux permis. Après vérification, il ne s'agissait ni d'une chimère, encore moins d'un piège tendu en cette période électorale, pourtant si propice aux crocs-en-jambe et autres savonnage de planche.
A l'emplacement d'un ancien bâtiment d'EDF d'un étage, le projet prévoit effectivement la construction de 50 logements, répartis sur quatre niveaux.
Certes, la lecture du permis nous révèle seulement 51 places de stationnement alors que le PLU en impose au minimum 65 dans cette zone. Mais tout ceci n’est qu’une broutille : la dérogation aux règles locales d'urbanisme est justifiée par la proximité d'une gare, située à moins de 500 mètres.
Mais l'originalité de ce permis n’est pas là.
Comme le laissait entendre le courrier anonyme, la curiosité tient surtout à sa date de délivrance : le 13 janvier 2026.
En toute logique, dès cette date, un panneau d’affichage réglementaire aurait dû fleurir sur le terrain, conformément à l'article R424-15 du code de l'urbanisme. Un panneau bien visible, histoire d’en informer les riverains et qu'ils puissent, le cas échéant, exercer leur droit de recours.
Or, sur place, pas l’ombre d’un panneau à l'horizon !
Depuis plus d'un mois et demi, pourquoi le titulaire du permis de construire – la société PMV – n'a-t-il pas toujours procédé à cet affichage ?
Chacun sait (ou devrait savoir) que tant que le panneau n’est pas installé, le délai de recours des tiers – deux mois à partir du 1er jour d'affichage – ne démarre pas.
Et sans délai purgé, il n’y a pas de pelleteuse sereine, c’est bien connu… En théorie, retarder l’affichage revient donc à retarder le chantier. Un promoteur a donc normalement tout intérêt à afficher son permis le plus tôt possible – d’autant plus que la loi le lui impose.
Ici pourtant, malgré les sommes déjà engagées dans le projet, notamment pour les études architecturales, le titulaire du permis ne semble pas particulièrement pressé de le faire.
Au moins deux hypothèses s'offrent alors à nous : soit nous avons affaire à un philanthrope, soucieux de laisser encore un peu respirer le quartier, soit quelqu'un lui a gentiment suggéré d'attendre avant d'afficher son panneau, en cette période électorale où la question de la bétonnisation et le nombre de constructions à Hyères peut vite devenir explosive.
« Attendez
donc que les urnes soient rangées » lui aurait-on soufflé ?
C'est
du moins ce qu'on pourrait penser (si on ne tombe justement pas dans le panneau)...
Car évidemment, personne ne souhaiterait que les riverains soient informés trop tôt. Dans ce secteur, les habitants ont visiblement la mémoire longue et de la suite dans les idées…. On se souvient encore en 2021 de leur mobilisation pour sauver le parc du Petit Séminaire, où 50 logements sociaux devaient y éclore avant qu’une pétition musclée ne fasse reculer la mairie.
Le dicton dit « Chat échaudé craint l’eau froide ». Un version plus locale pourrait être : « Attendons le 23 mars au matin pour sortir panneaux et tout le tintouin ».
Avouez qu’il est tout de même doublement amusant qu’en période électorale — saison officielle de l’affichage tous azimuts — et dans la ville connue pour ses selfies, que certains panneaux d'affichage préfèrent au contraire rester pudiques...


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