À défaut de 49.3, Véronique BERNARDINI dégaine le 48.14 !
Le 17 avril dernier, le conseil municipal a offert aux amateurs de joutes politico-théâtrales un nouveau spectacle dont Hyères a décidément le secret.
Sur scène, face à face : Nicolas MASSUCO et Véronique BERNARDINI, deux anciens compagnons de route (lire ici) devenus aujourd'hui adversaires.
Ce jour-là, l'élu d'opposition reprochait à la nouvelle maire que son Rapport d’Orientation Budgétaire (le ROB pour les initiés) ressemblait à s’y méprendre à celui de son ancien mentor.
En clair, rien de moins qu’un bon vieux copier-coller des éditions précédentes, avec seulement quelques retouches purement cosmétiques !
Ce jour-là, les choses avaient pourtant commencé entre eux sous les meilleurs auspices ; la maire lui donnant la parole avec un chaleureux « Oui, Nicolas ? » avant de se refroidir progressivement, au fur et à mesure du développement de son opposant, pour finir par lui lancer un très administratif — et franchement sibérien — « vous avez fini Monsieur MASSUCO ? ».
C'est dire si les remarques de son opposant ont pu faire mouche !
Comment ne pas s'étonner en effet, à la lecture de ce document, que la « gestion rigoureuse » de l’ancienne municipalité y soit vantée… alors même que Véronique BERNARDINI venait tout juste de dépeindre, en préambule, un tableau beaucoup plus sombre de la situation, évoquant notamment l'état préoccupant des bâtiments communaux.
Difficile dans ces conditions de bien comprendre si la ville a été admirablement gérée ou, au contraire, laissée en jachère ?!?
Lorsqu'il était piqué au vif, son prédécesseur virait instantanément au rouge écarlate, tandis que sa disciple sans doute adepte du carotène, préféra quant à elle plutôt virer à l'orange ; l'amère répliquant alors du tac au tac (mais sans beaucoup de tact) en dégainant un argument massue afin de lui clouer définitivement le bec...
« Nous, on a été elus avec 48 %… et vous 14, vous avez pas été élus».
48.14 : un score sans appel qui, visiblement, la dispense de répondre aux critiques formulées par son opposition. À quoi bon en effet discuter du fond lorsque l'arithmétique électorale suffit à emporter le débat ?
Certains s'imaginaient sans doute que l'élection de la première femme maire de l'histoire d'Hyères mettrait définitivement un terme aux vieux concours de quéquettes (parfois exposées sur la place publique) qui rythmaient jusque là la vie politique locale ?
Et bien, c'est raté !
Le phallomètre existe toujours et le débat démocratique ne se gagne toujours pas à coups d'arguments mais bien à la taille... du pourcentage !
Ça plane pour lui !
Florent BACCI lui rappela alors, avec justesse, qu'un ROB ne se votait pas et qu'on en prenait simplement acte en conseil municipal.
Une mise au point somme toute plutôt pertinente ! Malheureusement pour lui, la suite le fut beaucoup moins... notre nouvel adjoint aux finances se prenant en effet ensuite les pieds dans le tapis.
Car notre grand argentier municipal avoua une fois… puis deux, histoire d'être bien certain que toute l'assistance l’ait bien entendu, qu’il n’avait tout simplement pas lu ce fameux ROB !
Vous avouerez que c'est un comble pour un adjoint aux finances !
Trop ROB-oratif pour lui, sans doute ?
Évoquant les célèbres play-backs du chanteur belge, Coluche disait de Plastic BERTRAND : c’est pas lui qui chante… et c’est pas lui qui danse non plus !
À Hyères, c'est à peu près la même chanson pour l’adjoint aux finances, Florent BACCI : c’est pas lui qui écrit le ROB… et c’est pas lui qui le lit non plus !

