Et 140 logements de plus aux Salins !!!

On croyait la bétonite bel et bien terminée aux Salins, après la construction des 203 logements de la résidence RIVAGE tant décriée lors des précédentes élections municipales.

Mais en Girannie, chacun sait maintenant qu'il ne faut jamais crier victoire trop vite !

Pour preuve, ce panneau d'affichage que les riverains salinois viennent de découvrir vendredi matin; leur annonçant 140 logements supplémentaires à proximité de la résidence Simone BERRIAU.

Certes, ce terrain a de quoi séduire, situé à seulement quelques encablures du bord de la mer.


Le terrain concerné
(sur une carte postale d'époque)

Mais il cumule bon nombre d'inconvénients qui pourraient paraître majeurs pour peu qu'on ne soit pas investisseur. Jugez plutôt : zone inondable, zone de submersion marine, zone d'exposition au bruit, etc. et surtout situé à l'embouchure du meurtrier Gapeau...

Dans le PLU hyérois,
la zone est classée inondable (zone bleue)

Zone submersible jusqu'à 2 mètres de hauteur
(zone bleue sur la carte d'aléa extrême)


Inondations fréquentes de la résidence BERRIAU 
(ici le 15 juin 2010)

A l'époque, Simone BERRIAU avait eu le bon sens de ne pas y construire, préférant en faire une zone portuaire (le terrain servira de zone d'accastillage jusqu'en 2018 Ndlr) bien moins sensible aux risques d'inondation et de submersion.

Mais le bon sens ne paye plus, c'est bien connu. Le m² constructible, en revanche...

Renseignements pris, ce permis est en fait un vieux serpent de mer qui est déjà ressorti plusieurs fois ces 4 dernières années, sans jamais aboutir jusque là, tantôt refusé par les uns, tantôt retiré par les autres.

Cette fois-ci semble donc bien être la bonne pour ce permis boiteux et, même si dans ce dossier chacun semble se renvoyer la balle depuis 3 ans, les faits sont là : le permis datant de 2021 a bel et bien été accordé, et tacitement de surcroît. Comme ça, sur le papier, personne n'est fautif : « C'est pas moi, c'est tacite ! ».

Une passe à l'aile bien commode qui, vous en conviendrez, a de quoi rendre les voisins tacite-turnes...

Dans le PLU, le terrain se situe en zone UD qui correspond à une « zone à dominante d'habitat et de services située en périphérie des zones les plus denses et dans laquelle un renouvellement urbain est envisageable ».

Si on avait du définir en quelques mots le petit village des Salins, on n'aurait probablement pas réussi à le faire mieux que ça !

Sur ce terrain de 1,4 hectare, il faut savoir que la zone UD autorise 35% de constructions soit 4900 m² d'emprise au sol. Ce même zonage UD permet également des constructions de 15 mètres de hauteur (tiens, le panneau d'affichage prévoit 16 mètres ?) soit environ 5 étages.

Grâce au PLU, il y a donc un potentiel de construction de 5 étages x 4900 m² d’emprise au sol = 24 500 m² de surface totale de plancher.

Heureusement, le promoteur (le groupe ICADE Immobilier Ndlr) n'est pas trop gourmand car, avec « seulement » 8460 m² de surface de plancher, il aurait pu facilement construire 3 fois plus en toute légalité.


« Village balnéaire »
du cabinet « Architectes singuliers »
(à noter la piscine éco-responsable, qui se remplit grâce aux crues du Gapeau)


Plan de masse du permis de construire,
en bordure du Gapeau

Du côté de l'urbanisme, il était évidemment extrêmement difficile de refuser ce permis,  dans la mesure où la commune avait déjà autorisé 203 logements au Nord de cette parcelle ; ICADE pouvant ainsi légitimement se prévaloir du fait que son projet est « dans la prolongement direct des zones bâties existantes ».

Sans doute lui aurait-il été plus difficile de construire s'il n'y avait pas eu la résidence « Rivage » au dessus ?

Mais bon, on ne va pas refaire le match...


Résidence « Rivage » du groupe COGEDIM

Une chose est certaine : si la commune avait réellement voulu empêcher cette construction (sur le bureau du maire depuis au minimum  2021), il aurait certainement été beaucoup plus efficace dans ce cas de revoir le zonage du PLU pour que ce terrain inondable et submersible devienne inconstructible.

A ce stade, nous tenons à préciser que nous n'avons pas encore consulté le permis de construire accordé tacitement et que nous ne sommes donc pas encore en mesure de bien comprendre les raisons (prolongation du délai d'instruction, absence de décision explicite, notification tardive, erreurs administratives,...).qui ont conduit le tribunal administratif de Toulon a finalement accorder le permis de construire le 14 juin dernier (lire ici).

A moins qu'il ne s'agisse d'un de ces dysfonctionnements dénoncés par l'architecte hyérois Jérôme CANO dans une de ses publications sur Facebook ?


Coup de gueule de Jérôme CANO (09/01/2024)

En tout cas, nous ne voudrions pas être à la place des fonctionnaires du service urbanisme constamment pris en tenaille entre les architectes et le maire qui exige, il faut le savoir, que tous les permis de construire lui soient présentés chaque semaine...

Une fois le permis obtenu, vous pouvez évidemment compter sur nous pour remettre le couvert, si nous levons encore Lelièvre (et là, on vous promet que ça va encore péter sec !).

À l'horizon 2050, les experts du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) prédisent une hausse de 50 cm du niveau de la mer, dans le meilleur des cas.

Les futurs habitants des 140 logements aux Salins, après avoir investi dans la pierre, devront donc probablement bientôt investir dans les bottes et les canots gonflables.

En espérant que d'ici là, aucun épisode méditerranéen, cumulé avec un fort vent d'Est, ne vienne nous rappeler qu'il ne faut surtout pas jouer dans notre région aux apprentis sourciers et que la Nature reprend toujours ses droits, béton ou pas.

Et ça, il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr (sur mer) pour le comprendre...




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