Hameau des Pesquiers - Les frangins à la rescousse

Deux articles à quelques semaines d’intervalle dans la presse locale sur le hameau des Pesquiers.

Deux doubles pages consacrées au projet du restaurateur toulonnais Stéphane LELIEVRE.

Deux journalistes unis par une même volonté de dépeindre le futur écolodge sous un éclairage idyllique.

Deux manières assurément différentes de faire du journalisme puisqu’il est (presque) inutile de préciser que nous n’aurions probablement pas traité le sujet sous le même angle…


Article du 19 juin 2021


Article du 8 août 2021

Que ce soit un beau projet, nul ne peut plus en douter, vu l’énergie déployée pour essayer de nous en convaincre. Il faut en effet saluer la campagne de promotion savamment orchestrée depuis plus de 2 ans par le restaurateur toulonnais et par la municipalité ; le maire n’hésitant pas à enfiler pour l’occasion son costume de VRP et à retrousser ses manches sur le terrain quand il s’agit de défendre le projet.


Jean-Pierre GIRAN et François CARRASSAN
sur le terrain des Pesquiers
(Var-Matin du 5 mars 2016)

Mais il y a tellement d’autres questions soulevées par cet écolodge au hameau des Pesquiers, qui restent malheureusement sans réponse à la lecture de ces articles…

Pourquoi ne pas s’interroger sur le choix du projet ?

On pourrait en effet s’étonner que la première étude conduite en 2013 par le cabinet TANGRAM pour la réalisation d’un projet patrimonial, qui prévoyait notamment une collaboration avec l’école internationale d’architecture de Marseille, soit abandonnée dès l’élection de Jean-Pierre GIRAN en 2014 au profit du projet d’écolodge de Stéphane LELIEVRE, sans autre forme de consultation, ni d’appel à projets.

En d’autres temps et sous d’autres régimes, on aurait appelé ça le fait du prince.

Pourtant, certains se souviennent peut-être encore que François CARRASSAN écrivait en son temps qu’il fallait réhabiliter le hameau des Pesquiers «par lancement d’un concours à trois étages : architectural, paysager et naturaliste. Nous ne ferons pas n’importe quoi pour satisfaire le tourisme ».

Quelques années plus tard et à l’aune du chemin parcouru, ses propos ne peuvent que faire sourire. Une nouvelle fois, de belles phrases dont sait nous régaler depuis des décennies en conseil municipal notre Ugolin local dont le sempiternel costume de chasseur n’aura pas permis, cette fois-ci, de faire détaler le lièvre.

Docilement, le cabinet TANGRAM reverra alors sa copie pour coller aux désidératas du nouveau locataire de Clotis ; la « résidence hôtelière patrimoniale » étant alors gravée dans le marbre du règlement de l’Opération Grand Site.

Pour l’anecdote, le nouveau cahier des charges de prescriptions architecturales, urbaines et paysagères et l’étude d’impact pour la création d’une résidence hôtelière patrimoniale dans le cadre de l’OGS (orientation 3 fiche action 10 du rapport BOYER) aura coûté 34.300 € supplémentaires au contribuable hyérois, pour un projet devenu entretemps totalement privé.

Quant à l’implication personnelle du maire dans ce dossier, les hyérois en ont eu encore une parfaite démonstration lors du conseil municipal du 28 mai dernier au cours duquel, sentant peut-être le vent tourner, le premier magistrat n’hésitait pas à sortir son téléphone portable ; proposant à son auditoire de leur montrer les photos que lui avaient personnellement envoyées son ami restaurateur et qui prouveraient ainsi, selon eux, que le permis de construire du hameau des Pesquiers avait bien été affiché dans les règles ; n’en déplaise à tous ceux qui, grâce à leur recours, pensaient alors réussir à faire mijoter LELIEVRE.

Pourquoi avoir laissé à l’abandon ce lieu patrimonial ?

Car si effectivement, le hameau des Pesquiers est laissé à l’abandon depuis près de 20 ans, comme le rappellent fort justement les journalistes, il ne faut pas oublier qu’il y a tout de même près de 7 années à imputer à l’actuelle municipalité.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. De la même manière, quand on veut se débarrasser d’un bien communal, on commence par le laisser se dégrader puis on prétexte justement son état de délabrement et le coût des travaux nécessaires à sa réhabilitation pour justifier son transfert au privé. C’est cousu de fil blanc mais ça fonctionne toujours aussi bien, nous en avons encore ici une excellente démonstration !

Et finalement, lorsqu’il a refermé son journal, le hyérois moyen ne peut que se féliciter que Stéphane LELIEVRE ait bien voulu accepter d’être notre Stéphane BERN local, inespéré sauveur de notre patrimoine en péril.

Pourquoi un bail emphytéotique si long et si avantageux ?

2000 € par mois pour 3500 m² de bâtiments (soit 0,6 € par mois et par m² habitable) et 2 hectares de pinède en bord de mer, quelle aubaine !!!

Véritable prix d’ami, diront certains…

Plus sérieusement, le choix d’un bail emphytéotique et sa durée (70 ans) sont pour le moins surprenants.

Pourquoi ne pas avoir choisi plutôt un simple bail commercial ou bien encore une Délégation de Service Public (DSP) comme c’est le cas au casino de jeu des palmiers dont la concession n’est, comparativement, que de 18 ans ?

Ce projet fait-il réellement l’unanimité ?

A la lecture du journal, c’est ce qu’on peut effectivement comprendre.

Ce projet aurait en effet recueilli l’approbation des captois ainsi que des enfants des ouvriers qui travaillaient à la compagnie des Salins du Midi, comme en témoigne, dans l'article du 8 août dernier, Jacques LAVIGNE ce fils de saunier qui a vécu au hameau avec ses parents pendant 25 ans.


Le restaurateur toulonnais présente avec fierté
à Jacques LAVIGNE, fils d'un ancien saunier,
les plans de son futur hameau des Pesquiers

Mais, n’aurait-il pas fallu contacter d’autres enfants d’ouvriers des salins pour ensuite confronter leurs points de vue, peut-être plus nuancé, plutôt que de se contenter d’interviewer, en double page, une seule personne dont on peut, semble-t-il, remettre en question l’impartialité ?

N’est-ce pas lui en effet qui publie, depuis plusieurs mois, sur Facebook des commentaires dithyrambiques sur Stéphane LELIEVRE; ne tarissant pas d’éloges sur le futur projet ?


Commentaire de Jacques LAVIGNE
sur la page Facebook du restaurant « Le Robinson »

Et quand on s’intéresse d’un petit peu plus près au gotha hyérois, difficile en effet de passer à côté de Jacques LAVIGNE, élevé au trente-troisième degré dans l’ordre maçonnique du Grand Orient de France et accessoirement « maitre vénérable » d’une des plus célèbres loges hyéroises, la loge Olbia, où il côtoie probablement, dans les secrets de leur temple du quartier Saint-Gervais, notre premier adjoint, le docteur Francis ROUX, ou bien encore, parmi tant d’autres, Stéphane LELIEVRE qui, pour l’anecdote, s’était d’ailleurs chargé de préparer le repas festif pour tous ses frangins à l’occasion de l’anniversaire des cinquante ans de la loge Olbia...

Sous cet éclairage, le témoignage du « vénérable » Jacques LAVIGNE prend ainsi une toute autre tournure…

Après une pétition en faveur de l’écolodge du hameau des Pesquiers, créée quasiment à l’insu de son plein gré (selon le journal Var-Matin du 8 août dernier, Stéphane LELIEVRE aurait en effet eu l'agréable surprise de voir apparaître une pétition pro-hôtel lancée par GNI, syndicat national hôtelier et par « Destination Soleil » représentant les hôteliers de TPM) et qui a ensuite été largement relayée par son réseau d’influence toulonnais, c’est maintenant au tour de ses « frangins » de voler à la rescousse du frère LELIEVRE, par pures convictions philantropiques et philosophiques, cela va sans dire.


Quant à notre Pravda locale, elle est malheureusement, une nouvelle fois, fidèle à ses habitudes; oubliant un des premiers principes du journalisme qui est de vérifier ses sources.

D’ailleurs, force est de constater qu’à l’agence hyéroise, les journalistes passent mais l’esprit « Var-Matin » demeure, « toujours du côté du manche »; évitant soigneusement de poser des questions qui pourraient éventuellement fâcher ses principaux annonceurs.

Faute de réponses dans les articles à toutes ces questions, il ne faut pas s’étonner que certains hyérois, pour peu qu’ils ne soient ni naïfs ni affairistes, soient farouchement opposés à ce projet au hameau des Pesquiers; ayant probablement la désagréable impression que LELIEVRE et ses acolytes les prennent pour des lapins de six semaines

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