Ayons foi en la parole publique

En France, près de 70% des français ont un sentiment négatif à l’égard de la classe politique, selon le baromètre annuel de la confiance politique publié par l’institut SciencesPo CEVIPOF ; ce sentiment pouvant aller de la méfiance (39 %) à la peur (4 %) en passant même par le dégoût (17 %).

Cette défiance vis-à-vis des dirigeants  politiques, le maire d’Hyères les palmiers, Jean-Pierre GIRAN, s’en est légitimement ému lors du conseil municipal du 17 décembre dernier où il déclarait : « on est dans une configuration où les paroles ne comptent pas. Il y a une sorte de défiance généralisée. C'est terrible mais c'est comme ça. ».


Extrait du conseil municipal du 17/12/2021

Nous ne pouvons que lui donner raison et il est effectivement urgent, à quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles, de redonner foi aux citoyens en la parole publique car la situation actuelle est devenue gravissime : 65% des personnes sondées estiment en effet dans cette même étude que nos hommes politiques sont « plutôt corrompus ».

Sans doute que de tristes exemples comme celui de Jérôme CAHUZAC, déclarant « droit dans les yeux » aux députés de la Nation ne pas avoir de compte(s) bancaire(s) à l’étranger, ou bien encore Patrick BALKANY, libéré de prison pour motif médical et dansant ensuite la gigue en pleine rue à la Fête de la Musique de Levallois-Perret, n’ont rien fait pour arranger les choses…


Rendant presque inaudible le discours public, leurs mensonges répétitifs sont certainement l’une des causes principales de la crise de représentativité qui secoue aujourd’hui nos démocraties ; alimentant la théorie du « tous pourris » qui fait monter les extrêmes et confortant dans le même temps le sentiment croissant « antisystème ».

C’est pourquoi le discours de vérité de notre premier magistrat, véritable boussole communale en ces temps de doute, revêtait ce jour-là toute son importance ; première pierre de la réédification de la confiance en la parole publique.

Malheureusement, la nature humaine est ainsi faite et cette prise de conscience ne dura guère plus de deux minutes trente lorsque, au détour de cette même délibération, notre édile déclara droit dans ses bottes, au sujet d’un nouveau recours que le président du CIL du quartier des Rougières avait engagé, qu'« il m'avait envoyé le recours sur le mail d'un blog bien connu. Ce qui me paraissait poser un problème de recevabilité mais je n'ai pas insisté là-dessus ».


Extrait du conseil municipal du 17/12/2021

Mais contrairement à ce qu’affirme de manière péremptoire Jean-Pierre GIRAN, le recours de ce CIL n’a absolument pas été transmis à la commune à l’aide de l’adresse e-mail d'un « blog bien connu  » mais bien par courrier recommandé avec avis de réception, comme l’atteste le récépissé qu’a bien voulu nous fournir le président de cette association une nouvelle fois mis en cause par notre édile revanchard.

Preuve du dépôt du recommandé avec avis de réception

Pris publiquement en flagrant délit de mensonge, le premier magistrat de la commune ruine ainsi en quelques secondes tous ses précédents efforts de restauration de la confiance en la vie politique ; reléguant en une seule phrase le politique au simple rang d'arracheur de dents (avec toutes nos excuses aux stomatologues qui nous lisent).

Alors, puisqu’il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes résolutions, souhaitons simplement, afin de fixer des objectifs réalistes et atteignables, que nos élus hyérois soient désormais capables de tenir au moins cinq minutes d’affilée sans mentir en conseil municipal…

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