Les 12 salopards : les combattants de l'intérieur

L'élection d'Isabelle BUTTAFOGHI en tant qu'adjointe n'aurait dû être qu'une pure formalité pour remplacer dans la majorité Véronique BERNARDINI, démissionnaire.

Sauf qu’en interne, certaines voix commençaient à s'élever ; s’interrogeant sur les raisons de ce choix non protocolaire puisque Corinne SCANTAMBURLO, la conseillère municipale déléguée au commerce (parallèle) était en effet celle qui, sur le papier (glacier ?), aurait dû logiquement monter d’un cran dans la hiérarchie des élus.

Afin de tuer dans l'œuf toute fronde potentielle, le maire, en vieux briscard de la politique, a alors pris des mesures radicales pour s'assurer de l'issue favorable du vote ; supprimant purement et simplement la retransmission vidéo du conseil municipal, afin de parfaitement verrouiller la communication, et poussant machiavéliquement le détail jusqu'à prévoir des bulletins de vote à géométrie variable. Les premiers, au nom de sa pouliche, Isabelle BUTTAFOGHI, devaient en effet être pliés pour entrer dans l'enveloppe alors que les bulletins blancs, d'une taille nettement inférieure, ne nécessitaient quant à eux aucun pliage préalable.

Même si le vote était à bulletin secret, il était alors très facile pour les scrutateurs de comprendre qui votait quoi... Ceux qui pliaient leur bulletin votaient pour, ceux qui glissaient leur bulletin directement dans l'enveloppe votaient blancs et ceux qui sortaient leur stylo pour écrire dessus votaient évidemment contre.

Une méthode simple et efficace, digne de la Stasi, pour juguler toute velléité de contestation.

Ce qui aurait dû en principe suffire pour obtenir la majorité des suffrages. Mais ce que le maire ne savait pas, c'est que des francs-tireurs étaient là, en embuscade, leur coalition méthodiquement orchestrée pour dynamiter le vote, l'opposition et le journal local prévenus à l'avance du complot qu'ils avaient patiemment ourdi.

Et leur plan se déroula sans accrocs ; Isabelle BUTTAFOGHI ne recueillant finalement que 21 voix sur 45 (soit 46,7 % des suffrages) lors du conseil municipal du 11 octobre dernier.

Théoriquement, il aurait dû y avoir un second tour puisque le premier vote n'avait pas recueilli la majorité absolue (23 voix) mais le maire en décida une nouvelle fois autrement, sans doute conforté par le fait  que le conseil municipal ne soit pas filmé pour témoigner de cette « petite » liberté prise avec le règlement du conseil municipal.

Et c’est ainsi qu’Isabelle BUTTAFOGHI fut (mal) élue au premier tour, sans autre forme de procès.

Au-delà de cette énième entorse à la légalité, ce qu’il faut retenir de ce vote, c’est surtout que sur les 33 élus de la majorité, 12 d'entre eux avaient voté blanc.

12 salopards qui déclaraient ce jour-là (presque) ouvertement la guerre à celui qu'ils n'hésiteront pas, 15 jours plus tard (toujours sous couvert d'anonymat, courageux mais pas téméraires tout de même...) à appeler Jean-Pierre TYRAN dans un article iconoclaste de Var Matin auquel l'agence hyéroise ne nous avait plus habitué depuis belle lurette...


On y lit notamment que le cabinet du maire se livrerait actuellement à une véritable chasse aux sorcières, afin de débusquer les élus frondeurs, les fameuses taupes du conseil municipal que Jean-Pierre GIRAN traque désormais de manière quasi obsessionnelle.


Depuis cet article peu flatteur, inutile de vous dire que le maire cherche par tous les moyens à retrouver une majorité de façade afin notamment de ne pas faire tâche d'huile au niveau de la Métropole.

C’est ainsi que le 30 septembre dernier, il a officieusement envoyé au charbon ses deux lieutenants, Francis ROUX et François CARRASSAN, les chargeant de réunir les élus de la majorité afin qu'ils apportent, dans un communiqué de presse commun, leur soutien indéfectible et spontané à leur leader vénéré.

Ce que nos élus ont catégoriquement refusé !

Les ficelles de nos deux pantins étaient sans doute trop grosses ; ne parvenant ni à décrocher le vote de confiance réclamé par le maire, ni même à débusquer certains des élus frondeurs. Mais ce qu'on ne peut enlever au général GIRAN, c'est qu’il ait de la suite dans les idées et, une semaine plus tard, il est revenu à la charge, cette fois-ci en personne, lors de la réunion hebdomadaire des élus, en les mettant au pied du mur sans aucun préliminaire (le goujat) et en leur expliquant qu’ « être contre lui, c’est être contre la ville », sans doute inspiré par « la République, c'est moi » de MELENCHON .

En toute modestie, il leur a même démontré que, s’il venait à démissionner, personne ne serait capable de le remplacer vu qu’il est, et de très loin, « le plus instruit » d’entre tous. Étant effectivement de notoriété publique que notre petit (grand) père du peuple, tel Mao, sait tout...

D’ailleurs, connaissez-vous la différence entre François CARRASSAN et Jean-Pierre GIRAN ? Pour le premier, ce sont les discours alors que pour le second, ce sont plutôt les chevilles qui gonflent.

Lors de cette réunion lunaire (au sens étymologique du terme puisqu'elle se tient en principe tous les lundis), un vote a bien eu lieu, cette fois-ci à mains levées, et nos courageux élus ont alors renouvelé leur confiance au maire, certes avec un pistolet sur la tempe mais à l'unanimité tout de même, excusez du peu...

La confiance était ainsi retrouvée, c’est du moins ce que pensait le maire tout fier d’aller ensuite faire part de son plébiscite aux journalistes de Var Matin ; imaginant sans doute déjà le titre pompeux que son organe officiel de propagande allait lui consacrer : « Pris dans la tourmente des combats de la plaine crauroise, le général GIRAN réussit l'exploit de resserrer les rangs de ses troupes en perdition ».

Finalement, il aura fini par faire lui-même le communiqué de presse que ses adjoints lui refusaient la semaine précédente...

Belle démonstration de force de la part de notre despote local qui rassurera sans doute la Métropole en ces temps de crise intestine.


Jean-Pierre TYRAN passant en revue ses troupes

En seulement 6 mois de présidence, on compte en effet déjà un vice-président démissionnaire et une élue métropolitaine agressée par la propre fille du nouveau président (lire ici).

Mais ce que Jean-Pierre GIRAN ne savait pas, c’est que 3 de nos 12 salopards (que nous aurions d'ailleurs pu appeler les Judas s’ils avaient été 13) ont donné eux aussi ce soir-là aux journalistes leur propre version de l'histoire avec un petit h.

Certes, ils ont bien voté la confiance mais, selon eux, pour mieux « le combattre de l’intérieur », faisant sans doute référence aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) sous l’occupation allemande puisque parmi eux, à part le Docteur Pierre LAURENT, aucun n’a suffisamment de connaissances proctologiques pour envisager une autre tactique de combat intérieur.

Eh bien, il était temps, après plus de 9 ans à siéger dans la majorité, que certains finissent par prendre (anonymement) le maquis !!! Heureusement que la véritable FFI n’a pas été aussi procrastinatrice pendant la seconde guerre mondiale car on n’aurait pas signé l'armistice avant au moins 1954...

Le lendemain, voyant que son communiqué de presse savamment orchestré avait été en grande partie saboté par notre FFI hyéroise, Jean-Pierre GIRAN est sorti une nouvelle fois de ses gonds, claquant toutes les portes du 5ème étage et faisant résonner la structure de tout le bâtiment.

Une dizaine de jours plus tard, lors du match du HTV Basket contre Mulhouse au palais des sports de Toulon, François CORNILEAU, adjoint à l’urbanisme, suspecté parmi tant d'autres de crime de lèse-majesté, en fera d'ailleurs publiquement les frais ; se faisant copieusement insulter par notre édile sous l'œil ébahi de Jean-David MARION, élu de l'opposition.

Quelle ambiance !!! Même Var Matin s'accorde désormais à dire que le maire est devenu complètement parano.


Article VM du 3 décembre

Ses insultes et ses menaces (dans le précédent article du 26 octobre, il déclare en effet vouloir « éjecter immédiatement de la majorité » tous ceux qui ne voteraient pas ses délibérations) sont d'autant plus vaines qu'elles risquent même d'avoir l'effet inverse et de galvaniser encore davantage nos 12 salopards dont le prochain sabotage pourrait bien intervenir lors du vote du budget en conseil municipal.

Ce jour-là, si un vote à bulletins secret est réclamé par au moins un tiers des élus (et si tous les bulletins sont bien de la même taille certe fois-ci), sa politique pourrait bien être mise une nouvelle fois en défaut par notre FFI et le tyran contraint à abdiquer.

GIRAN, entends-tu le vol noir du gabian sur nos plaines ?
 
GIRAN, entends-tu, tes soutiens qui partout se morcellent ?
 
Ohé ! Paysans, mal logés et commerçants, c'est l'alarme !

Ce soir la Girannie troquera son béton pour des larmes...




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