Le bon samaritain

Ce soir-là, lorsqu'il vit l'appartement du 2ème étage en flamme, Hicham KAJJAJ n'a pas hésité pas une seule seconde. N'écoutant que son courage, ce jeune père de famille, alors âgé de 24 ans, a foncé tête baissée dans cet immeuble de la rue Pierre MOULIS. Parvenant à forcer la porte d'entrée, il est monté dans les étages, donnant l'alerte en frappant aux portes.

Grâce à sa présence d'esprit, les habitants de l'immeuble sont descendus se mettre à l'abri sur le trottoir en attendant l'arrivée des secours tandis qu'Hicham continuait d'explorer l'immeuble à la recherche d'éventuels occupants.

Sur le palier du deuxième étage, là où le feu avait apparemment pris naissance, il tomba nez à nez sur une femme visiblement déboussolée, contemplant hébétée la fumée qui se glissait sous sa porte et les flammes qui en léchaient le cadre.

Il lui demanda alors de descendre, la prit par le bras mais la quadragénaire visiblement dépressive (elle venait de perdre la garde de ses enfants Ndlr) ne l'entendit pas de cette oreille, lui hurlant « Arrêtez de m'agresser ». Hicham hésita un moment mais, face à l'urgence de la situation, la saisit alors et la fit descendre de force.

Il la confia ensuite aux passants pour repartir aussitôt dans l'immeuble mitoyen afin de prévenir à leur tour ses habitants.

Les secours sont intervenus peu après et, fort heureusement, aucun blessé ne fut à déplorer grâce notamment à la présence d'esprit et au sang-froid d'Hicham.

« J'ai agi avec l'instinct d'un papa » se confiera-t-il le lendemain aux journalistes de Var-Matin venus l'interviewer (Hicham est en effet parti peu après que les secours interviennent Ndlr).

C'était il y a plus de 7 ans, le mardi 24 mai 2016 plus précisément, et son acte de bravoure avait alors suscité une vive émotion dans toute notre commune.

Quelques jours plus tard, ce bon samaritain, qui était alors en CDD à la mairie en tant qu' « emploi avenir », fut mis à l'honneur ; la médaille de la ville lui étant alors remise des propres mains du maire au cours d'une cérémonie au 5ème étage de l'hôtel de ville. Lors de son discours, l'édile lui promit alors qu'à la fin de son « emploi avenir », il aurait « sa place parmi nous ».

Sauf qu'on ne lui a jamais dit quand, nous fait-il aujourd'hui remarquer avec un petit sourire aux lèvres (et nous ne saurons sans doute jamais de quel minou pouvait bien parler ce soir-là le maire Ndlr).

À l'issue de ses deux années de contrat, et ne voyant toujours rien venir (à part peut-être le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie encore un peu à Hyères), Hicham décida de suivre une formation d'ambulancier ; diplôme d'état qu'il obtint haut la main, toujours dans l'optique d'aider son prochain, il est comme ça notre bon samaritain, c'est gravé dans son ADN.

Mais après plus d'un an d'exercice, il y renonce finalement, ayant en effet plus l'impression de « livrer des colis que de venir en aide à des personnes ».

Pointant alors à Pôle Emploi, il décide alors de se rappeler au bon souvenir du maire et de sa promesse faite sous la lumière des projecteurs. Ainsi, à chaque fois que l'occasion se présentait, il allait serrer la main du maire, lui glissant invariablement quelques mots à l'oreille, au grand désespoir de l'élu qui finit par ne plus cacher son exaspération : « ah non, pas encore vous !!! ».

A force de persévérance, il réussit malgré tout à décrocher un rendez-vous en début d'année 2023 mais celui-ci sera reporté à la dernière minute, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Mais on le rassure, promis, on le rappellera

Sauf que les mois passèrent encore...

Jusqu'à ce jour béni d'août dernier où le persévérant Hicham obtient enfin un entretien avec le directeur général des services techniques (DGST) de la mairie d'Hyères.

Il sera finalement reçu deux mois plus tard par Jacques BRUNO en personne qui le met immédiatement au parfum. Vous savez, « ce n'est pas aussi facile qu'avant », lui confiera droit dans ses bottes celui qui vient pourtant d'être récemment promu ingénieur en chef hors classe par la volonté de Dieu le (beau) Père (lire ici).

Fort heureusement, avant que ce fameux couperet ne tombe, notre débrouillard DGST aura réussi in extremis à faire passer un dernier wagon d'embauches. Jugez plutôt  : les footeux de la team MONTAVON (lire ici), les frères de Djamel, le plus gros dealer de la commune, la progéniture de Christophe LAGUZZI, colistier et gros bras du maire, membre de son service d'ordre pendant la dernière campagne, Aurélie, l'épouse de William DUMAS, manager du HTV (lire ici) qui, aux dernières nouvelles, quitterait ses fonctions au cabinet du maire pour revenir au club de basket (plus lucratif ?), la dulcinée du sieur Roland de RONCEVAL au musée de la banque de France (lire ici), à la médiathèque la fille de David GIRARD, directeur de cabinet du maire, où on retrouve également un des fils d'Alain JAUBERT, ancien élu de gauche à la moustache de ragondin (également surnommé Père Castor) bien connu des hyérois pour changer de bord politique à chaque coup de mistral. Et, ne l'oublions pas, le beau-fils de François CARRASSAN (lire ici) ; ce dernier venant d'ailleurs de faire le forcing auprès du maire pour titulariser son désormais ex-gendre. Ce n'était pourtant pas gagné compte tenu de ses états de service (il a en effet eu lui aussi maille à partir récemment avec Sébastien MONTAVON et Lætitia LAGRIPPE, nos Bonnie & Clyde du service « Déchets Propreté ») mais, à force de persuasion (et peut-être à l'évocation de certains dossiers sulfureux ?), il serait apparemment parvenu (un verbe de circonstance) à convaincre le maire.

Malheureusement pour lui, Hicham n'est pas bien né et ne bénéficie donc d'aucun piston, ni d'aucun passe-droits. C'est dommage car, avec ses compétences indéniables en matière d'interventions d'urgence, on aurait pu imaginer par exemple que la mairie lui propose un poste d'agent de sécurité incendie à l'école Michelet ; ce qui aurait peut-être permis, qui sait, de ne pas fermer cette école (lire ici).

Désormais père de deux enfants, il est vrai qu'on lui a bien proposé par le passé un logement HLM au Val des Rougières (80 logements y sont vacants Ndlr) mais, pour Hicham, qui a quitté cette cité dix ans plus tôt, il n'est pas question d'y voir grandir ses enfants. « Je viens de là-bas, pas question d'y retourner » nous affirme t-il, catégorique.

Bon prince, Jacques BRUNO lui fera ce jour-là la liste des emplois métropolitains auxquels le trentenaire pourrait éventuellement prétendre ; allant jusqu'à cocher lui-même chacun des 4 postes concernés, parmi lesquels celui d'agent d'entretien des fossés et des cours d'eau qui correspond parfaitement à son profil, puisqu'il a justement occupé ce poste pendant deux ans au service des espaces verts de la commune.

C'est très simple, lui assure-t-il expéditif, il vous suffit d'envoyer CV et lettre de motivation et on vous convoquera, c'est certain, pour un entretien d'embauche. Grâce à votre médaille de la ville, votre dossier sera très certainement mis tout en haut de la pile. L'affaire est entendue, tenez, mon bon monsieur, prenez ma carte de visite au cas où, et surtout bonne continuation !!!


Liste des emplois cochés pour Hicham
par le DGST en personne

Sauf que, deux mois plus tard, pas une lettre, ni même le moindre coup de fil...

Et lorsque Hicham appela la responsable des ressources humaines pour s'en inquiéter, cette dernière lui répondit simplement que sa « candidature ne correspondait pas au profil recherché ». « J'ai l'impression que la mairie vous doit quelque chose ? » lui demanda-t-elle ; comprenant sans doute à son questionnement et, surtout, à son ton agacé qu'il attendait une toute autre réponse de sa part. Effectivement, lui répondit il, la mairie me doit quelque chose, elle me doit une promesse non tenue.

Car si Hicham n'a évidemment pas agi ce jour-là pour en tirer le moindre bénéfice, il n'a pas non plus encore Alzheimer...

Lors de son rendez-vous, Jacques BRUNO savait sans doute qu'il ne l'embaucherait pas (peut-être avait-il eu des consignes patriarcales en ce sens ?), mais, plutôt que de le lui dire franchement, il laissa faire les basses besognes à sa responsable RH.

Aujourd'hui, Hicham n'a pour seule consolation que les deux articles que le journal Var-Matin lui a consacrés (dans lesquels la promesse du maire est d'ailleurs bien actée Ndlr) ainsi qu'une splendide médaille de la ville gravée à son nom.

Les promesses se sont envolées depuis déjà bien longtemps mais, il nous l'assure, si c'était à refaire, il le referait sans hésiter.

Sauf que, cette fois-ci, notre bon samaritain  n'accepterait plus la médaille de la ville...






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